DERRICK a un fils.
Comme Derrick, Siska privilégie la réflexion à l'action.
- Helmut Ringelmann, comment vivez-vous l'après "Derrick" ?
- J'ai toujours autant de travail, car je continue la production du "Renard", série que j'ai créée il y a près de vingt-cinq ans. Depuis octobre dernier, les téléspectateurs peuvent aussi voir sévir "Siska" (ndlr. : cette série n'est pas encore diffusée en Suisse romande), mon nouveau personnage. Il est en quelque sorte le fils spirituel de "Derrick", bien que totalement différent de lui.
- Comment le décririez-vous ?
- "Siska" est un homme moderne, plus adapté à la réalité que son prédécesseur. Mais comme "Derrick", il privilégie la réflexion à l'action, sans toutefois négliger cette dernière. Contrairement aux séries américaines qui font la part belle aux explosions de tout genre, l'action se déroule plutôt à l'intérieur de l'être humain.
- Revenons-en à "Derrick". Comment la série est-elle née ?
- J'ai d'abord créé le "Commissaire", série dont j'ai produit 97 épisodes et qui connut un succès spectaculaire à l'époque. C'était la première fois qu'une série policière allemande tenait tête aux séries américaines. Fort de cette expérience, j'ai décidé de lancer "Derrick".
- Aujourd'hui, on identifie "Derrick" à Horst Tappert et vice-versa. Mais celui-ci était-il prévu pour le rôle?
- J'avais trois comédiens en tête dont Horst Tappert. J'ai mis près de six mois à me décider, car je voulais être sûr de mon choix. Je crois que lui et moi n'avons pas à le regretter !
- Justement, vous attendiez-vous à un tel succès ?
- D'une certaine manière oui, car le "Commissaire" avait déjà très bien marché. Le but avec "Derrick" était de passer la frontière et d'exporter la série surtout vers des pays comme la France et l'Italie. Nous avons plutôt bien réussi, puisque, aujourd'hui, "Derrick" est diffusé dans 102 pays. Et la demande ne faiblit pas !
- Comment pouvez-vous expliquer un tel engouement de la part du public ?
- Il y a d'abord le choix de l'auteur (ndlr. : Herbert Reinecker) et des principaux acteurs. Ensuite, la manière dont Horst Tappert a réussi à approfondir son rôle pendant ces vingt-cinq ans. Il n'a pas eu la tâche facile, car sa marge de manoeuvre était plutôt limitée. En effet, dans "Derrick", les rôles principaux sont plutôt tenus par les méchants. Enfin, je crois qu'il a pu y avoir une certaine fascination pour la série provenant du fait qu'elle dissèque les mécanismes qui peuvent conduire le commun des mortels au meurtre.
- "Derrick" n'a fait que prendre sa retraite. Pourrait-on le voir réapparaître un jour ?
- Non, le chapitre est clos.
- Même si Fritz Wepper (ndlr. : le fidèle assistant de "Derrick") connaissait une "promotion" ?
- Fritz est un excellent acteur, mais il n'a jamais étét question qu'il reprenne le rôle.
- Dans ce cas, n'avez-vous pas tout tenté pour faire revenir Horst Tappert sur sa décision ?
- La décision d'arrêter ne provenait
pas de lui mais de la ZDF (ndlr. : chaîne publique allemande) et
de moi. J'ai senti qu'après vingt-cinq ans il valait mieux arrêter.
J'ai en revanche laisser Horst Tappert l'annoncer, car je lui devais bien
ça. Pour lui et les autres acteurs, ce fut une décision douloureuse.
Ils auraient peut-être bien pu continuer...
Un grand merci à Jean-Cosme Delaloye qui a recueilli ces propos.
