
- Depuis le 20 octobre 1974, date de création de la série, on ne vous imagine pas autrement qu'en inspecteur Derrick. Comment expliquez-vous votre succès ?
- Nous sommes proches de la réalité, la série comporte très peu de violence et démontre comment les gens en arrivent au meurtre. Tout le monde peut tuer. Les histoires sont toujours inspirées de la réalité. Quand je lis des faits divers intéressants dans les journaux, je les propose au scénariste.
- Avant d'endosser l'identité de Derrick, quel a été votre parcours ?
- Je suis avant tout un acteur de théâtre. J'ai commencé à jouer en 1945, dans la ville de mon enfance, à Stendal, en ex-RDA. J'ai longtemps continué dans cette voie. A une époque, tandis que je tournais «Derrick», je faisais une tournée avec «Le Faiseur» de Balzac. Au cinéma, j'ai figuré dans une trentaine de films.
- Etes-vous Munichois, comme le personnage que vous jouez ?
- Non, je suis originaire de Wupperthal, dans la banlieue de Düsseldorf. J'habite Munich depuis de longues années. J'ai aussi une maison en Norvège, où l'on m'a fait cadeau d'un terrain. Je m'y rends souvent.
- Quelles sont les qualités que vous appréciez chez Derrick ?
- Il a de la considération pour l'être humain, et fait preuve d'un grand professionnalisme. Il sait écouter les autres. Cet homme travaille avec sa tête, et pas avec un pistolet.
- Connaissez-vous le commissaire Maigret ? Derrick n'est pas très différent, finalement...
- Oh si ! Il n'a pas de famille, pas de femme. Et il se prépare lui-même des spaghettis en rentrant.
- Partagez-vous quelques défauts avec lui ?
- Vous savez, Derrick a plus de qualités que de défauts. Ce que nous avons en commun ? J'aime la vérité, je hais le mensonge.
- Un de vos fils a eu affaire avec la justice...
- C'est ma vie privée. J'ai deux fils et une fille. L'un d'eux
est à l'Université et prépare une thèse à
Aix-la-Chapelle. Ma fille est une femme d'affaires à Mannheim.
Un grand merci à Jacqueline Baron qui a recueilli ces propos.

